La symbolique, pas plus que les croyances populaires, ne font de différence entre le lièvre et le lapin. Pour certaines civilisations anciennes, le lièvre était un « animal de la lune » car les taches sombres que l’on peut voir sur le disque lunaire ressemblent à un lièvre en pleine course.

Encyclopédie des symboles

(sous la direction de Michel Cazenave, La Pochothèque,1996)


auteur-éditeur : www.remy-leboissetier.fr

mardi 6 avril 2010

Graine d'étourdi


Depuis les temps immémoriaux où son âme fut envoyée à la Lune, le lièvre a toujours été un peu tête en l’air, et d’oublier tantôt son chapeau, tantôt son parapluie… Sa confusion est grande : livré au pouvoir lunatique de l’inadvertance, il lui arrive de se tromper de terrier et, consécutivement à ses errances, d'en perdre parfois sa raison sociale et le réel motif de son existence. Dans son dialecte gallo natal, c’est un ustuberlu. Néanmoins, depuis sa période de levraut impubère, votre lièvre précieux avoue s’être raffermi et si son statut d’immortel sélénite admet encore quelques failles spatiales et syncopes temporelles, il en est la victime consentante, car il sait au fond que la "graine d’étourdi" existe bien, qu’elle possède des vertus régénératrices et fécondantes qui, contre toute mésaventure, lui procure d’incomparables agréments.

Vous avez remarqué, sur la Terre, que la graine d’étourdi a peu de consistance, qu’elle est volatile et plus légère qu’un égal volume d’air. Dès qu’un grain se détache du corps d’un homme de cette espèce, au lieu de tomber à terre comme les autres, ou de rester suspendu à peu de distance, il s’élève dans l’air, semblable à ces exhalaisons que la chaleur volatilise et emporte dans l’atmosphère. À mesure que la graine d’Étourdi s’élève, à mesure elle se dessèche ; et plus elle se dessèche, plus son poids diminue, plus elle a de disposition à continuer de monter ; enfin quand elle est parvenue à la plus haute région de l’air, elle entre dans la matière subtile, où elle reste et est emportée, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, par les différents courants de ce fluide.

  •  Biblio : Charles-François Tiphaigne de la Roche, Amilec ou la graine d'hommes (1754) - réédition Grèges 2001

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