"Lapin de jade" s'est posé sur la lune... Va-t-il enfin rencontrer son homologue le "lièvre lunaire" ?
La symbolique, pas plus que les croyances populaires, ne font de différence entre le lièvre et le lapin. Pour certaines civilisations anciennes, le lièvre était un « animal de la lune » car les taches sombres que l’on peut voir sur le disque lunaire ressemblent à un lièvre en pleine course.
Encyclopédie des symboles (sous la direction de Michel Cazenave, La Pochothèque,1996)
auteur-éditeur : www.remy-leboissetier.fr
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samedi 14 décembre 2013
vendredi 8 juillet 2011
La femme dans la lune 1 : Chang’e [Chine]
Chang’e, Chang-O, Chang-Ngo ou Sheung Ngo est
la déesse chinoise de la lune. Contrairement à beaucoup d’autres divinités qui
incarnent la Lune, Chang’e vit vraiment sur l’astre. En tant que "femme
dans la lune", Chang’e peut être considérée comme le pendant de la
légende occidentale de "l’homme dans la lune". Le premier satellite
chinois d’observation lunaire, lancé en octobre 2007, a été nommé Chang’e 1.Chang'e et l’archer Houyi (version 1)
Selon la légende, Chang’e et son mari Houyi étaient des
êtres immortels vivant au Paradis. Un jour, les dix fils de l’Empereur de Jade se
transformèrent en dix soleils, projetant une chaleur insoutenable sur la terre.
N’étant pas parvenu à ordonner à ses fils d’arrêter ce désastre, l’Empereur
convoqua Houyi pour lui demander son aide. Houyi, archer talentueux, abattit
neuf des fils, mais épargna l’un d’eux. L’Empereur de Jade était évidemment
mécontent du résultat : neuf de ses fils étaient morts. En punition, Houyi
et Chang’e furent bannis de leur Paradis et durent vivre sur terre comme de
simples mortels.
Voyant que Chang’e était tombée dans un état de grande
misère après la perte de son immortalité, Houyi s’engagea jour après jour dans
une quête périlleuse pour trouver un élixir qui pourrait leur faire retrouver
l’immortalité. À la fin de cette quête, il rencontra la Reine mère de l’Ouest
qui consentit à lui fournir le remède, en l’avertissant que chaque personne
n’avait besoin que de la moitié de celui-ci pour accéder à l’immortalité. Houyi
rapporta la pilule à la maison et la rangea dans une boîte. Il mit en garde
Chang’e de ne pas ouvrir celle-ci puis quitta le domicile pour un moment, mais
Chang’e était trop curieuse : elle ouvrit la boîte et trouva la pilule, juste
au moment où Houyi rentrait. Dans la crainte de se faire surprendre en plein
délit, elle avala entièrement la pilule. Elle commença alors à flotter dans les
airs. Bien que Houyi cherchait à l’atteindre pour l’empêcher de s’élever plus loin,
il ne pouvait diriger la visée de sa flèche sur elle. Ainsi, Chang’e continua
de flotter jusqu’à atteindre la lune.
Alors qu’elle était sur la Lune, séparée de son mari, Chang’e
eut de la compagnie. Un lièvre de jade, qui préparait des élixirs, vivait aussi
sur la lune (les mythologies du Japon et de la Corée font aussi référence à des
lapins vivant sur la lune). Il y avait aussi la présence d’un bûcheron nommé Wu
Gang. Le bûcheron avait offensé les dieux pour avoir voulu les défier en
devenant immortel et il avait été lui aussi exilé sur la lune. Wu Gang était
autorisé à quitter la lune s’il parvenait à abattre un arbre qui poussait sur
la lune. Le problème, c’est qu’à chaque fois qu’il voulait agripper l’arbre,
celui-ci se rétractait instantanément dans le sol, condamnant Wu Gang à vivre
sur la lune pour l’éternité.
Chang'e et l’archer Houyi (version 2)
Chang’e était une belle jeune femme travaillant dans le
Palais de l’Empereur de Jade, au Paradis, où vivaient des dieux, des fées et d’autres
saintes personnes. Un jour, elle cassa par maladresse une précieux pot de
porcelaine. L’Empereur en colère ordonna le bannissement de Chang’e, qui dut
s’exiler sur terre et partager la vie des mortels. Elle était toutefois
autorisée à revenir au Paradis, mais à condition qu’elle ait contribué à rendre
un grand service sur Terre. Chang’e, parmi les humains, fut intégrée à une
riche communauté de fermiers.
Quand elle eut dix-huit ans, un jeune chasseur d’un village
voisin, nommé Houyi, la découvrit. Ils devinrent amis. Un jour, un curieux
phénomène se produisit : dix soleils surgirent dans le ciel, faisant
brûler la terre. Houyi, archer très habile, s’avança et réussit à crever neuf
de ces astres à l’aide de ses flèches. Devenant aussitôt un héros, il fut nommé
roi et se maria avec Chang’e. Mais par la suite, Houyi se montra avide et
égoïste. Il ordonna qu’on prépare pour lui seul un élixir d’immortalité. Cet
élixir fut préparé, sous la forme d’une pilule, lorsque Chang’e se disputa avec
Houyi. Accidentellement ou volontairement, elle avala la pilule. En colère, le
roi menaça sa femme. Voulant s’échapper, elle enjamba la fenêtre de sa chambre
située en haut du palais et, au lieu de tomber, elle flotta dans le ciel en
direction de la Lune. Le roi Houyi essaya de l’atteindre avec ses flèches, sans
y parvenir. Contrairement à la première version, son compagnon, le lapin, ne
prépare pas d’élixir de vie. À part le lapin, la Lune est également habitée par
un bûcheron qui tente de couper un cannelier, arbre d’immortalité. Mais, aussi
vite qu’il entaille l’arbre, aussi vite l’arbre guérit de ses blessures, et l’homme
ne fait ainsi aucun progrès, s'épuisant à une tâche perpétuelle.
samedi 27 mars 2010
CHINE : Le Lièvre de Jade
Dans la Chine ancienne, le lièvre est un animal lunaire apothicaire, occupé à piler l'élixir de Longue Vie dans un mortier : il y mêle l'écorce de cassia (branches de cannelle), le jus de bambou et la cervelle de crapaud. Le quinzième jour de la huitième lune, "Monsieur Lapin" est fêté : il est représenté vêtu d'une robe et d'un bonnet de lettré protégé par une ombrelle... Dans "Le livre des êtres imaginaires", écrit avec la collaboration de Marguerite Moreno, Jorge Luis Borges apporte quelques précisions : "Le Bouddha, dans une de ses vies antérieures, pâtit de la faim ; pour le nourrir, un Lièvre se jeta au feu. Le Bouddha, en récompense, envoya son âme à la lune. Là, sous un acacia, le Lièvre écrase dans un mortier magique les drogues qui composent l'élixir de l'immortalité. Dans le parler populaire de certaines régions, ce Lièvre s'appelle le docteur, ou lièvre précieux, ou lièvre de jade."
Taiso Yoshitoshi, Le lièvre de jade
"Le chinois est serein
Et sur l’astre rouillé un rongeur de jade
Étend son reflet mauve comme un augure espiègle.
Nous vacillons dans la nasse des mots
Et sur l’astre rouillé un rongeur de jade
Étend son reflet mauve comme un augure espiègle.
Nous vacillons dans la nasse des mots
Et les pauvres certitudes des sots querelleurs."
- Biblio 1 : L'imaginaire et la symbolique dans la Chine ancienne, Maurice Louis Tournier (éditions l'Harmattan, 1991)
- Biblio 2 : Le Livre des êtres imaginaires, Jorge Luis Borges avec la collaboration de Marguerite Moreno (éditions Gallimard, 1987)
- Biblio 3 : Mathieu Rémi, Le lièvre de la lune dans l'antiquité chinoise.
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