La symbolique, pas plus que les croyances populaires, ne font de différence entre le lièvre et le lapin. Pour certaines civilisations anciennes, le lièvre était un « animal de la lune » car les taches sombres que l’on peut voir sur le disque lunaire ressemblent à un lièvre en pleine course.

Encyclopédie des symboles

(sous la direction de Michel Cazenave, La Pochothèque,1996)


auteur-éditeur : www.remy-leboissetier.fr

vendredi 8 juillet 2011

La femme dans la lune 1 : Chang’e [Chine]

Chang’e, Chang-O, Chang-Ngo ou Sheung Ngo est la déesse chinoise de la lune. Contrairement à beaucoup d’autres divinités qui incarnent la Lune, Chang’e vit vraiment sur l’astre. En tant que "femme dans la lune", Chang’e peut être considérée comme le pendant de la légende occidentale de "l’homme dans la lune". Le premier satellite chinois d’observation lunaire, lancé en octobre 2007, a été nommé Chang’e 1.


 

  Chang'e et l’archer Houyi (version 1)



Selon la légende, Chang’e et son mari Houyi étaient des êtres immortels vivant au Paradis. Un jour, les dix fils de l’Empereur de Jade se transformèrent en dix soleils, projetant une chaleur insoutenable sur la terre. N’étant pas parvenu à ordonner à ses fils d’arrêter ce désastre, l’Empereur convoqua Houyi pour lui demander son aide. Houyi, archer talentueux, abattit neuf des fils, mais épargna l’un d’eux. L’Empereur de Jade était évidemment mécontent du résultat : neuf de ses fils étaient morts. En punition, Houyi et Chang’e furent bannis de leur Paradis et durent vivre sur terre comme de simples mortels.
Voyant que Chang’e était tombée dans un état de grande misère après la perte de son immortalité, Houyi s’engagea jour après jour dans une quête périlleuse pour trouver un élixir qui pourrait leur faire retrouver l’immortalité. À la fin de cette quête, il rencontra la Reine mère de l’Ouest qui consentit à lui fournir le remède, en l’avertissant que chaque personne n’avait besoin que de la moitié de celui-ci pour accéder à l’immortalité. Houyi rapporta la pilule à la maison et la rangea dans une boîte. Il mit en garde Chang’e de ne pas ouvrir celle-ci puis quitta le domicile pour un moment, mais Chang’e était trop curieuse : elle ouvrit la boîte et trouva la pilule, juste au moment où Houyi rentrait. Dans la crainte de se faire surprendre en plein délit, elle avala entièrement la pilule. Elle commença alors à flotter dans les airs. Bien que Houyi cherchait à l’atteindre pour l’empêcher de s’élever plus loin, il ne pouvait diriger la visée de sa flèche sur elle. Ainsi, Chang’e continua de flotter jusqu’à atteindre la lune.
Alors qu’elle était sur la Lune, séparée de son mari, Chang’e eut de la compagnie. Un lièvre de jade, qui préparait des élixirs, vivait aussi sur la lune (les mythologies du Japon et de la Corée font aussi référence à des lapins vivant sur la lune). Il y avait aussi la présence d’un bûcheron nommé Wu Gang. Le bûcheron avait offensé les dieux pour avoir voulu les défier en devenant immortel et il avait été lui aussi exilé sur la lune. Wu Gang était autorisé à quitter la lune s’il parvenait à abattre un arbre qui poussait sur la lune. Le problème, c’est qu’à chaque fois qu’il voulait agripper l’arbre, celui-ci se rétractait instantanément dans le sol, condamnant Wu Gang à vivre sur la lune pour l’éternité.
 

Chang'e et l’archer Houyi (version 2)



Chang’e était une belle jeune femme travaillant dans le Palais de l’Empereur de Jade, au Paradis, où vivaient des dieux, des fées et d’autres saintes personnes. Un jour, elle cassa par maladresse une précieux pot de porcelaine. L’Empereur en colère ordonna le bannissement de Chang’e, qui dut s’exiler sur terre et partager la vie des mortels. Elle était toutefois autorisée à revenir au Paradis, mais à condition qu’elle ait contribué à rendre un grand service sur Terre. Chang’e, parmi les humains, fut intégrée à une riche communauté de fermiers.
Quand elle eut dix-huit ans, un jeune chasseur d’un village voisin, nommé Houyi, la découvrit. Ils devinrent amis. Un jour, un curieux phénomène se produisit : dix soleils surgirent dans le ciel, faisant brûler la terre. Houyi, archer très habile, s’avança et réussit à crever neuf de ces astres à l’aide de ses flèches. Devenant aussitôt un héros, il fut nommé roi et se maria avec Chang’e. Mais par la suite, Houyi se montra avide et égoïste. Il ordonna qu’on prépare pour lui seul un élixir d’immortalité. Cet élixir fut préparé, sous la forme d’une pilule, lorsque Chang’e se disputa avec Houyi. Accidentellement ou volontairement, elle avala la pilule. En colère, le roi menaça sa femme. Voulant s’échapper, elle enjamba la fenêtre de sa chambre située en haut du palais et, au lieu de tomber, elle flotta dans le ciel en direction de la Lune. Le roi Houyi essaya de l’atteindre avec ses flèches, sans y parvenir. Contrairement à la première version, son compagnon, le lapin, ne prépare pas d’élixir de vie. À part le lapin, la Lune est également habitée par un bûcheron qui tente de couper un cannelier, arbre d’immortalité. Mais, aussi vite qu’il entaille l’arbre, aussi vite l’arbre guérit de ses blessures, et l’homme ne fait ainsi aucun progrès, s'épuisant à une tâche perpétuelle.

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