La symbolique, pas plus que les croyances populaires, ne font de différence entre le lièvre et le lapin. Pour certaines civilisations anciennes, le lièvre était un « animal de la lune » car les taches sombres que l’on peut voir sur le disque lunaire ressemblent à un lièvre en pleine course.
Encyclopédie des symboles (sous la direction de Michel Cazenave, La Pochothèque,1996)
Après la littérature, voici l'annonce de la Contrepétothèque - Cinéma, disponible dès octobre. Édition limitée (100 exemplaires numérotés, dont 5 accompagnés d'un photomontage original signé de la patte du lièvre précieux). Pour toute commande, passer par le site de Rémy Leboissetier et utiliser la zone "contact". Vous pouvez trouver des extraits ici, depuis ce site consacré à l'édition.
L'ouvrage propose une série de 51 titres composés à partir d'œuvres cinématographiques normalement bien connues du public (d'un public qui, dirons-nous, s'intéresse un tant soit peu à l'histoire du cinéma).
La méthode est simple : pour retrouver le titre original du film, il s'agit de remettre en bon ordre ses différents phonèmes. Deux premiers indices sont là pour vous aider : année de sortie, pays de production ; un troisième indice au dos de chaque feuillet, représentant un fragment d'image, apporte une aide supplémentaire (qui se veut déterminante). En dernier lieu, si le mystère persiste, un bâtonnet vous aidera à découvrir la solution-miroir. Ainsi, fort de votre nouveau savoir, vous pourrez à votre tour tester la perspicacité de votre entourage.
Profitant de son séjour terrestre et d'un passage dans les Alpes françaises, votre lièvre précieux, bondissant de cime en cime, a pris soin d'emporter les images de deux sculptures ornant les stalles de la cathédrale de Saint Jean de Maurienne, avant de rejoindre le monde lunaire.
Votre lièvre précieux prend ses quartiers d'été, c'est-à-dire qu'il s'apprête à séjourner sur Terre une quinzaine de jours au cours desquels ce blog sera forcément maintenu en état d'apesanteur intellectuelle (en un mot, d'inactivité). Cependant, avant d'effectuer le grand saut, je vous parlerai de mon astre résidentiel, empruntant quelques mots au physicien Sébastien Balibar :
...Si l'axe de la Terre est stable, c'est parce qu'il est stabilisé par la Lune : la Lune n'est pas un petit satellite, sa taille est comparable à celle de la terre et vous savez bien que leurs mouvements sont couplés puisqu'il y a des marées. Donc, il semble que, pour trouver de la vie, il faut découvrir une exoterre qui ait une exolune, et là, les choses se compliquent. En effet, comme on vient de comprendre que la Lune pourrait être le résultat de la collision légèrement de travers d'une sorte de planète Mars avec la terre peu de temps après leur formation, la probabilité de trouver un couple exoterre-exolune, résultat d'une collision semblable autour d'une étoile, devient très faible.
Le N°11 de la revue "Venus d'ailleurs", publié au solstice d'été, est voué aux fantômes, mediums et spirites. Acteur et auteur de cette équipée depuis sa création en 2006, votre lièvre précieux y présente une étude intitulée "Analyse spectrale", où il est question de couleurs des voyelles, de holisme, de "composthumanisation" et d'irradiation involutive... Il vous invite également à signer, à discrétion, la fiche qui vous tiendra lié au "Club du hasard".
En 1989 un premier album est réalisé pour Recommended Records (Chris Cutler).
En 1991, ZGA se fixe à St Petersbourg.
Issu du courant bruitiste et industriel, ZGA a su s’ouvrir et se créer, par un travail de recherche qui dure tout de même depuis bientôt 30 ans, un univers musical original accompli.
Au cœur de ZGA se trouve Nick Soudnick, musicien-compositeur-homme-orchestre, qui mène une activité intense, se consacrant à divers projets musicaux : membre du GEZ 21 (Gallery of Experimental Sound), il est producteur d’un groupe entièrement féminin, IvaNova (qui comprend Ekaterina Federova, membre de ZGA), compose également depuis 1999 pour le théâtre Akhe de St Petersbourg (musiques de scène : Faust, Tauromaquia), travaille aussi avec Alexander Lebedev-Frontov au sein de Vetrophonia et apporte sa contribution à différents artistes.
Soudnick "sculpte" la matière sonore, se sert d’instruments fabriqués, préparés, détournés. Cela produit une musique étrangement belle, puissante et aventureuse, qui n’exclut pas la forme mélodique (sans autre compromission).
Depuis 2000, les musiciens permanents de ZGA sont Ekaterina Fedorova (drums), Ramil Shamsudinov (trombone) et Valeria Kildeeva (violon). Autour d’eux, la formation évolue, selon la nature des projets.
11 albums à ce jour ; Soudnick, 6 albums sous son nom.
Le disque Who has stolen the air ? est une compilation réalisée sous le label "Some bizarre" réunissant une sélection de 16 titres de différents albums du groupe Zga et de Nick Soudnick (de 2003 à 2006); s’y intercalent 5 compositions d’une formation plus récente : FIGS (Ekaterina Federova, Alexei Ivanov, Marcus Godvin, Nick Soudnick). À leur écoute, les oreilles de votre lièvre précieux se sont spontanément dressées et, pour cette action de grâce audio-érectile, il s’est promis d’acquérir entre autres réalisations de ZGA, celle de FIGS (album NEVA WAVE).
Les réalisations de ZGA sont assez peu disponibles en France, mais on en trouvera une bonne partie sur le site de DISCOGS (paiement possible en euros).
Qu’une telle musique provienne de Russie ne peut évidemment que réchauffer le cœur.
Cette musique se caractérise par un un son puissant, usant au maximum d'amplitude et de résonance, rude et extrême, mais toujours, en même temps, finement conçue et structurée. Constituée en majeure partie de sons bruts, "noisy", certaines compositions font place à des phases d'apaisement d'une réelle beauté. Aux "gros" son industriel s'intègrent des moments de musique concrète, faite de crissements, frottements, grattages, comme des bruits d'insectes. Certains morceaux ont une forme clairement tonale et des passages mélodiques, tandis que d'autres sont entièrement dénués de tonalité. Ces pièces atonales se rapprochent des perceptions de la peinture abstraite - un genre de sensations que l'artiste nous transmet, par combinaison des formes et des couleurs, mais qu'il nous est impossible de définir précisément.
Bart Hopkin (excerpt from the book "Orbitones, Spoon Harps & Bellowphones", published by Ellipsis Arts).
Né en 1874, mort à Paris en 1933, Gaston de Pawlowski fut à son époque un personnage très connu de la vie littéraire française. S’il publie peu en volumes, c’est un éclectique qui prend intérêt à tout, signant quantité d’articles de toute nature pour différents journaux, autant sportifs que littéraires (c’est un grand amateur de vélo, un goût qui le rapproche d’Alfred Jarry, son contemporain, et plus tard de Charles-Albert Cingria, autre écrivain curieux et buissonnier). Collaborateur des plus grands quotidiens de l’époque, Pawlowski est surtout connu par son livre Voyage au pays de la quatrième dimension (1912, 1923, réédition Images modernes en 2004). Ses Inventions, réunies pour la première fois de son vivant en 1916, sont de courts textes qui, sur le ton de l’humour, passent en revue les évolutions de la société moderne avec une mise à distance ironique qui en fait tout son charme. Comme l’écrit Éric Walbecq, dans sa préface au livre : ce qui sauve Pawlowski, c’est ce mélange d’humour et de spéculation scientifique qui le relie à l’école humoriste de la fin du XIXe siècle(Alphonse Allais, Willy, Félix Fénéon, l’esprit du Chat noir)) mais qui préfigure les milieux avant-gardistes (Marcel Duchamp s’est dit influencé autant par le Voyage que par les Inventions de Pawlowski).
Dès le début de l’ouvrage, Gaston de Pawlowski signale une invention modeste, sans prétentions, mais utile : >le nouveau savon antidérapantgarni de clouset, plus loin, nous fait part d’une autre invention : le nouveau boomerang français, dont le bois est taillé de telle sorte que l’instrument une fois jeté sur l’adversaire, ne revient pas à celui qui l’a lancé, précisant si besoin est qu’on évite ainsi tout risque d’accident.
Mais l’occasion est donnée ici, dans le contexte de ce blog d’inspiration cuniculaire, de fournir un extrait adapté :
Les chasseurs s’intéressent, un peu partout, à un nouvel appât qu’annoncent certains catalogues d’armuriers sous ce nom : perles pour lièvres.
Il s’agit d’une petite perle en imitation, que l’on place dans les clairières et qui évoque par la forme, sinon par la couleur, l’aspect des sous-produits du lapin. Le lièvre, étonné par ces petites boules nacrées qu’il ne connaît pas, s’arrête, regarde, flaire, et rien n’est plus facile que de le tirer à ce moment-là.
Pawlowski se lance ensuite dans une digression cocasse, notant qu’il ne faut pas confondre la perle pour lièvres avec la moule perlière, qui produit les perles moulières, ainsi que les poules merlières dont il a parlé précédemment, et savoir aussi distinguer les moules merlières, imitant l’ocarina, des poules perlières qui servent en qualité de poules moulières…
Votre lièvre précieux, malgré ces dangereuses "perles" dont il pourrait être l'innocente victime, vous invite à lire (ou relire) Gaston de Pawlowski, afin d'entretenir la souplesse de vos muscles zygomatiques.