La symbolique, pas plus que les croyances populaires, ne font de différence entre le lièvre et le lapin. Pour certaines civilisations anciennes, le lièvre était un « animal de la lune » car les taches sombres que l’on peut voir sur le disque lunaire ressemblent à un lièvre en pleine course.

Encyclopédie des symboles

(sous la direction de Michel Cazenave, La Pochothèque,1996)


auteur-éditeur : www.remy-leboissetier.fr

jeudi 18 novembre 2010

Tératologie cuniculaire : Wolpertinger, Rasselbock, Skvader & Jackalope

Le lapin, comme l’humain, n’échappe pas à la monstruosité, dont la marque d’effroi est contrebalancée par un pouvoir indéniable de séduction, comme le notait en son temps Alfred Jarry, appellant monstre "toute originale inépuisable beauté". Assembler des éléments provenant de différents êtres vivants est un vieux principe : c’est celui de la chimère, qui avait tout son sens culturel, voire cultuel, ainsi qu’une fonction mnémonique. Inévitablement, l’hybridation qui en résulte produit un choc (c’est d’évidence l’effet recherché, le but étant plus complexe). De fait, votre lièvre précieux est tombé en arrêt – ce qu’il sait faire aussi bien que l’épagneul breton, le braque hongrois ou le setter irlandais – devant ces représentations surnaturelles, détournées de son propre "lagomorphisme". Ce ne sont pas là des figures mythologiques, mais des créatures organiques, bien qu’inanimées, tenues pour vues donc présumées vraies, nées d’hallucinations et délires d’interprétation qui ont formé leur propre légende et qui, une fois le secret levé, n’ont pas disparu pour autant, mais sont passées dans le domaine folklorique, sur les terres populaires de nos petites Olympes, où elles restent à l’état de curiosités.

LE WOLPERTINGER

Ce féroce prédateur qui vit dans les sombres forêts allemandes ne craint pas de s’attaquer au chasseur ou au promeneur égaré, d’autant qu’il a le pouvoir, dit-on, d’imiter la voix humaine. Les frères Grimm en mentionnèrent l’existence et la bête apparaît sur des gravures de la même époque. La légende du Wolpertinger (de même que celle du Rasselbock et du Jackalope) provient très probablement de la vision de lapins atteints de Papillomavirus (dont je vous fais grâce des images), maladie qui provoque des tumeurs noirâtres se développant sous formes d’excroissances sur le corps et parfois sur la tête.
 



LE RASSELBOCK

C'est le cousin autrichien du Wolpertinger (en apparence plus calme, en tout cas moins terrifiant).






 LE SKVADER (Tetrao lepus pseudo-hybridus rarissimus L.) 

Créature imaginaire de la Suède, exposée au musée de Norra Berget à Sundsvall (la bête fut fabriquée en 1918 par le taxidermiste Rudolf Granberg, hybride du lièvre et du grand tétras).






LE JACKALOPE

Animal imaginaire du folklore américain, hybride du lièvre (jackrabbit) et de l’antilope (antelope). Il est généralement représenté comme un lièvre avec des bois. On l'appelle aussi quelquefois "lapin cornu" (horny bunny)



La légende le dit particulièrement farouche et complexe à observer, d'ailleurs on n'a jamais pu capturer de spécimen vivant. Comme le Wolpertinger, il sait imiter la voix humaine. Les trophées présentant des (fausses) têtes de jackalope abondent aux États-Unis d'Amérique, et Ronald Reagan en possédait un dans son ranch, aimant à dire qu'il avait lui-même chassé l'animal. 
 

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