La symbolique, pas plus que les croyances populaires, ne font de différence entre le lièvre et le lapin. Pour certaines civilisations anciennes, le lièvre était un « animal de la lune » car les taches sombres que l’on peut voir sur le disque lunaire ressemblent à un lièvre en pleine course.

Encyclopédie des symboles (sous la direction de Michel Cazenave, La Pochothèque,1996)


auteur-éditeur : www.remy-leboissetier.fr

vendredi 16 août 2013

Un lièvre de levé !

Parmi tout un peuple de sculptures (on en dénombrait 333 à l'origine), un lièvre de levé sur le portail de l'église Notre-Dame de Caudebec-en-Caux (Seine-Maritime), à côté des saints et autres personnages rythmant la vie quotidienne de l'époque, dont un joueur de loure (la loure écrit aussi loûre, était un instrument à vent normand de la famille des cornemuses), qui constitue une des rares représentations de cet instrument de musique disparu.
Gravement endommagés par les calvinistes d'abord, pendant les guerres de religion, ensuite par les incendies qui firent suite au bombardements allemands de juin 1940, les petits personnages merveilleusement sculptés ont été en partie restitués, en façade sud-ouest, selon leur ordonnance et aspect d'origine.

vendredi 2 août 2013

Les sept types en or : Gabriel et Marcel Piqueray [1920-1992/1997]

Jumeaux univitellins, les frères Piqueray sont nés à Bruxelles. Ils avaient pour grand-père paternel Georges Piqueray, qui fut membre de la "Jeune Belgique" et ami de Verhaeren, de Maeterlinck et de Van Lerberghe. En 1927, grâce à leur tante, Mariette, ils découvrent non seulement la musique de Maurice Ravel, mais aussi le jazz, qui sera une découverte essentielle pour eux et dont l’influence est déterminante sur leur univers mental.

En 1936, Gabriel Piqueray, alors élève à l’Athénée royal d’Etterbeek, y rencontre Marcel Lecomte, qui y exerce la fonction de surveillant. Cette rencontre est décisive en matière d’écriture. En 1939, Marcel Piqueray rencontre à son tour Marcel Lecomte, qui met alors les deux frères en rapport avec Paul Colinet, qui leur présente le peintre Armand Permantier : autre rencontre bouleversante et déterminante pour Gabriel et Marcel Piqueray.

Gabriel est décédé le 2 août 1992. Son frère Marcel le suivra à sont tour quelques années plus tard. Les frères ont toujours signé en commun mais n’ont pour autant pas écrit de textes en commun : leur caractère, leur tempérament personnel étaient marqués différemment et ont souvent donné lieu à de violentes altercations orales ou écrites ; pour autant, dans une lettre du 6 décembre 1944 à Paul Colinet, Marcel Piqueray précisait :
« ... une signature, un indicatif, comme dirait la radio ; un indicatif général de l’ÉTAT D’ESPRIT piqueriste », telle était bien le motif de leur commune signature au-delà de leurs différences, l’un, Gabriel se réclamant du monde gréco-romain, l’autre, Marcel, se définissant comme catholique romain et proche de la judéité.



Les frères Piqueray publient en 1941 leur premier livre, Au-delà des gestes. Ils collaborent par la suite à la revue manuscrite Vendredi réalisée par Paul Colinet en un seul exemplaire pour son neveu (1949-1951), à La carte d'après nature de Magritte (1952-1956), à Temps mêlés fondé en 1952 par André Blavier, ainsi qu'au Daily-Bul, fondé en 1953 par André Balthazar et Pol Bury et au Petit Jésus de Noël Arnaud (1951-1963).


De 1960 à 1980, Gabriel et Marcel Piqueray ont été, aux côtés de Théodore Koenig, Joseph Noiret, Marcel Havrenne, parmi les sept codirecteurs de la revue Phantomas (1953-1980), avec François Jacqmin, Paul Bourgoignie et Pierre Puttemans.

AFFECTIF LOINTAIN – ÉROTIQUE VOILÉE

M. et G. Piqueray tiennent la poésie pour un état de second ordre. C'est à l'amour, à la fois incertain, inconnu, angoissé, qu'ils accordent la première place. Il s'agit de la dimension la plus occultée de leurs écrits, celle que l'on feint d'ignorer, délibérément. Parce que, tout comme l'écrivait Francis Picabia : « Pour que vous aimiez quelque chose, il faut que vous l'ayez vu, entendu depuis longtemps... » Pour les frères Piqueray, il n'importe pas d'exprimer une sorte d' « idéal » de l'éternel féminin, mais bien de montrer leur tendresse envers la femme et non « les femmes ». Cette tendresse se traduit en termes d'affectif lointain et d'érotique voilée, particulièrement sensibles dans leurs proses poétiques. […] Un goût certain pour l'amour courtois transparaît aussi dans Poudres lourdes. L'érotique voilée apparaît dans La belle saison, « où une femme très chaste d'allure, de langage » prononce avec distraction suffisamment concertée pour susciter le désir, « les mots praline, bijou, humide, jardin »...


POUR SOLDE DE TOUTE LITTERATURE

Il n'y a pas eu, pour les frères Piqueray, volonté de faire œuvre. Si elle existe, elle s'est constituée malgré eux, au fil des publications périodiques, au gré de l'intérêt marqué par quelques éditeurs […] Bien que la chose n'ait pas été préméditée, M. Piqueray liquide en toute liberté les formes littéraires – dans ce qu'elles ont de terrorisant. Ce démantèlement ne passe pas par le manifeste ou la dénonciation, mais par une subversion introduite au cœur mes des conventions du langage..


SÉISMES

Les Non inhibited poems ont été écrits par M. Piqueray dans une période d'extrême détresse personnelle, entre 1949 et 1954.../... Le réel l'a à ce point pris à la gorge, qu'il le restitue en textes qui sautent au visage, comme la lave contenue sous la croûte, qui incube puis explose. Ce séisme dans le langage n'est pas né d'un projet. M. Piqueray ne s'est pas installé à sa table de travail et d'écriture (il n'en a pas) en se disant : « à présent, nous allons écrire des poèmes non-inhibés ». Il a vécu cet état de non-inhibition, de sans-gêne absolu.


ATTEINDRE LE LECTEUR AU PHYSIQUE

Lorsque M. Piqueray nous déclarait : « Je suis un excessif, en tout », il ne se référait sans doute pas à Freud et sa théorie relative aux trois étapes que traverse la sexualité : orale, anale, génitale. Toutefois, les Non inhibited poems n'auraient pas mérité leur titre s'ils avaient tu ce qui passe par nos orifices naturels. Que cela plaise ou non, les textes des frères Piqueray atteignent le lecteur au physique.

Extraits de la Lecture de Philippe Dewolf pour l'édition de Au-delà des gestes et autres textes (Editions Labor/Espace Nord, 1993) 

MAGIE DU MYSTÈRE
 
La Salle de Feu est de proportions infinies.
Les murs de la Salle de Feu sont en souple peau de bouchon. 
La vaste chambre se trouve, tout entière, entourée de bancs de pierre bleue sur lesquels sont disposées, à intervalles réguliers, d'immenses vasques de craie emplies, jusqu'aux bords, de grenailles de plomb.  
Aux murs pendent des calebasses d'or gonflées de mies de pain. L'on voit aussi, descendant du plafond vers le sol, de longs chapelets dont chaque grain a la grosseur d'une tête d'homme : ce ne sont que des boules de feutre blanc d'où surgissent de minces dagues de verre.
C'est au centre même de la Salle de Feu que se situe le Bassin Maudit. D'une capacité énorme, il contient un liquide qui possède exactement la couleur de l'arc-en-ciel.
Quand le Grand Silence règne sur la Salle de Feu, six femmes masquées viennent s'étendre en bordure du Bassin Maudit.
Mais au moindre bruit, elles se lèvent aussitôt, puis exécutent une Ronde Sacrale que l'on appelle aussi la Danse des Flammes.
Effectivement, ces femmes, au fur et à mesure que se développent leurs évolutions chorégraphiques, deviennent phosphorescentes et finissent, à la longue, par se couvrir de flammes aux nuances fertiles. 
Torches vivantes, elles tourbillonnent jusqu'au moment où le Grand Silence visite à nouveau la Salle de Feu.
Il paraît que la Salle de Feu est dédiée à la Magie du Mystère.


Extrait de Les poudres lourdes (Paris, Fontaine, coll. L'Âge d'or, 1945)

CLITARABELLES (extrait)

à Brigitte Evers

Jacqueline

et Moniquendam
à genoux
lèvres pressées
et tambours au repos
provoquent un grave appel
de leurs seins
tels
au fond d'un ravin
deux malandrins
vus

entre chien et loup
 

et les filles d'or
aux jambes hautes
sous la peau claire
du ciel frais
sens dessus dessous



Une question souvent posée à propos du travail sur le langage mené par les frères Piqueray a trait à leur proximité ou leur appartenance au mouvement surréaliste. Cette question n’est pas sans importance. Elle nous permet de comprendre ce qui différencie les Piqueray et leur conception de l’humour des poètes surréalistes français. De distinguer aussi en quoi leur humour est profondément belge et non pas français. Marcel Piqueray a toujours insisté violemment sur le fait qu’ils n’étaient pas surréalistes. Lors d’un entretien que j’ai eu l’honneur de susciter avec le meilleur critique de leur œuvre, Philippe Dewolf, et de publier, Marcel Piqueray disait : « Il y a sans doute dans l’opinion que les gens se font de l’œuvre des Piqueray une assimilation abusive au surréalisme. Je n’ai jamais tenu, personnellement, Marcel Lecomte pour un surréaliste. Paul Colinet non plus. Mais je crois par contre Paul Nougé surréaliste. Et ayant dîné 52 mardis avec Magritte (pour débattre d’un sujet que je considère comme extrêmement ennuyeux : Dieu) je puis dire que Magritte est un peintre surréaliste et que le seul surréaliste vivant encore en Belgique est Marcel Mariën. A propos du surréalisme, il disait que si l’on écrit avec une méthode surréaliste de tristes imbécillités, cela reste de tristes imbécillités. Et il ajoutait : sans excuse. Et s’il est un fait que nous avons traîné longtemps derrière nous cette étiquette de surréalistes, c’est que nous avions fréquenté Magritte ou des personnes comme Colinet ou Lecomte, qui étaient tangents au surréalisme ».
Éric Brogniet

mercredi 31 juillet 2013

Complément au Ciné-journal, Serge Daney [Petite Bibliothèque des Cahiers du cinéma, 1998]

L'académisme et l'allumage du feu

Car, qu'est-ce que l'académisme, enfin ? N'est-ce qu'un style, un défaut, un manque ? Non, l'académisme, c'est l'esthétique du nihilisme (et le refuge des non-dupes professionnels). Cela n'a rien à voir, on s'en doute, avec l'optimisme et le pessimisme.../... L'académisme (oui, celui-là même qui revient de partout et qui nous donne le sale sentiment d'un retour aux « cinémas de qualité » des années cinquante) n'est jamais que le sérieux désabusé avec lequel on adopte la forme la plus traditionnelle et la plus usée pour signifier par là qu'aucun contenu ne mérite d'être travaillé par le souci d'une forme nouvelle. C'est une démission certes, mais quant au fond aussi.
Entre ces deux entités qu'il s'en voudrait de bousculer (le « grand livre » à adapter et le « grand public » à édifier), l'académisme maintient la distance (comme on dit « garder ses distances »). Le public est seulement pris à témoin d'une opération impeccable qui le concerne vaguement mais ne l'implique jamais.
…/... Quand on ne veut pas du tout « jouer » avec son public, on n'arrive même plus – c'est normal – à lui raconter une histoire.../... Un cinéaste, surtout lorsqu'il s'affronte à un « grand sujet », c'est quand même quelqu'un qui allume un feu entre son film et nous. Pour nous réchauffer, pour jouer avec, pour mériter le risque de s'y brûler. Enlevez ce risque et le cinéma devient une pauvre chose. Décente et morte.

Chronique du 15 novembre 1984, à propos de 1984 de Michael Radford adapté de 1984 de George Orwell.

La fable du crocodile et l'usage de la vérité, René Daumal [1908-1944]

Mot moteur, mot mental, mot menteur,
moment moteur, moment tel
qu'en cet instant si tu t'installes en ton essence
tu te meus, tu t'émeus et tu mens
selon le mot émis par moi.

Je dis mentir, c'est l'acte mental. Mentaler serait barbare. Et c'est bien dit. La vérité ne se meut pas, ne s'émeut pas, ne se ment pas. Elle n'est pas dans l'espace.
Parler vraiment, c'est mentir exprès, pour suggérer la vérité. Si je te dis : le chien est carnivore, c'est mentir, car il n'y a pas le chien, mais des chiens ; mais ce mensonge te suggère le concept viande ; c'est donc qu'il rentre dans cet autre concept, mangeur de viande. Mais qu'est-ce que manger de la viande en général ? Ça ne nourrit pas. À force de te mentir, à la fin peut-être tu n'y tiendras plus et tu formeras une idée, tu formuleras une loi. C'est là que le poète veut en venir.
« Marche ! Halte ! » ce sont des mots moteurs. Leur contradiction engendre l'ahurissement, l'irrésolution ou, si tu y penses, l'idée de marche.
On m'a raconté l'histoire, orientale comme toutes ces histoires-là, du crocodile qui, installé à un gué, dévorait les passants ; il avait réellement entendu les bipèdes parler de vérité, et de ce qui est vrai, et de ce qui n'est pas vrai, qu'il commença à s'interroger dans sa cervelle plate, qu'est-ce que c'était que ça ? Il finit par se dire : eh bien, j'interrogerai le prochain qui passera. Une femme passe, et il lui dit : « Si tu me dis la vérité, je ne te dévorerai pas. » Et elle : « La vérité, c'est que tu vas me dévorer. » Alors quoi ? Le malheureux grande-gueule n'a jamais pu sortir de là. Si l'on nous disait la vérité, nous resterions comme lui, bouche bée, incapable d'en faire usage.

Suggestions pour un métier poétique (in Les pouvoir de la parole, Essais et Notes II)

jeudi 25 juillet 2013

Ciné-Journal, Serge Daney [Petite bibliothèque des Cahiers du cinéma, 1998]

Le mythe et l'atlas

À tous égards, c'est une position curieuse qu'occupe Serge Daney, en tant que critique de cinéma et de « regardeur-regardé », mais c'est aussi une position curieuse qu'il occupa au cours de sa vie physique, entre le siège de la « salle obscure » et son nomadisme, lui qui s'est tout de suite reconnu citoyen du monde, allant de pays en pays, vérifiant la promesse d'images, virtuelles ou non, réarrangées sur l'écran de cinéma ou incarnées sur le territoire du réel, à partir de la carte, qui lui sert de moteur « action » (et de mise en mouvement). Entre l'afflux des images en lieu clos et l'influx de l'espace ouvrant des voyages. Dans l'extrait vidéo, qui concerne l'atlas, il s'en explique très bien. Serge Daney s'exprime avec une éloquence qui nous paraît toute naturelle et possède surtout, ce qu'on peut encore vérifier trente ans après, une lucidité dont la pointe n'est aucunement émoussée (elle en est même encore plus aiguisée aujourd'hui). Il est bon de relire les chroniques de son ciné-journal, de voir en intégralité les entretiens filmés et de reconsidérer l'ensemble de ses écrits pour bien se repositionner nous-mêmes, par rapport à l'état actuel du cinéma, l'éclatement des dispositifs visuels et de nos moyens de communication. Du coup, on regrette que Daney, mort des suites du sida en 1992, n'ait pas pu vivre pleinement l'ère de l'internet parce qu'il aurait très certainement apporté un regard critique de premier ordre sur cette nouvelle source, pleine de potentiel mais rapidement noyautée par le mercantilisme et piégée par les effets du narcissisme.

Sur le mythe, il apporte aussi des choses essentielles, au détour d'une chronique consacrée au festival de Cannes de 1984 où deux films – deux œuvres cinématographiques, osons-le dire – se trouvaient alors en « compétition » : Paris, Texas de Wim Wenders, qui obtint la Palme d'or, et Il était une fois en Amérique, de Sergio Leone :

« Les mythes, explique Mircéa Eliade, c'est toujours plus ou moins un récit qui répond à une question : comment quelque chose (ou quelqu'un) s'est mis à exister. Ex-nihilo. Comment ça revient de nulle part. Les héros de Wenders et de Leone reviennent de nulle part. Il y a un « trou » dans leur vie : quatre ans pour Travis, plus de trente pour Noodles, soit trente-quatre ans dont nous ne saurons rien. Une « absence à eux-mêmes » qui les oblige ensuite à tout recomposer, patiemment.
Car, nous ne sommes plus à l'époque – naïve avec le recul – où il semblait si souhaitable et si facile de tout « démystifier », à commencer par l'Amérique. Nous ne croyons même plus que la psychanalyse soit notre dernière façon de nous arrimer, grâce à nos névroses, à du mythe (Oedipe and Co).
 
 
Il y a quelques années, l'itinéraire de Travis (prodigieux Harry Dean Stanton), nous l'aurions analysé comme une reconquête-puzzle du « moi » aux prises avec un « ça » enfoui et un « surmoi » inhibant. Wenders aussi sans doute. Cela, c'était Au fil du temps. Cela, c'était Il était une fois dans l'Ouest (Ah, le flash-back « joue pour ton grand frère ! »), histoires de traumas et de guérisons qui avançaient comme des récits d'analysants, avec des digressions (l'opéra, l'errance) et des parenthèses. Le savoir sur le mythe, d'aujourd'hui, ne sert à rien. Seul compte le goût de déplier les histoires dont le mythe est porteur. Et là, on peut dire que Leone se résume et se déchaîne et que Wenders se reprend et s'éclate. »

D'où découle la question finale : la poutre-maîtresse qu'est le mythe est-elle toujours porteuse ? On voit que, soumise à forte pression, elle s'affaisse dangereusement, au point de rompre et d'entraîner la ruine de l'édifice, de l'ensemble de la « maison cinéma ». Pour d'autres, moins optimistes (ou plus pessimistes), il est évident que cette maison s'est depuis déjà longtemps écroulée... que cela se reconstruit sur d'autres modes et passe par d'autres voies. À tous égards, c'est une position curieuse que celle du spectateur actuel, qui fait que le regardeur se sent justement de moins en moins regardé.

samedi 6 juillet 2013

Mary Poppins, P. L. Travers (1899-1996)

D'autres mondes, d'autres temps existent par-delà les mondes et les temps que nous connaissons. Tous sont vrais, tous sont réels, et, comme le savent les enfants, tous s'interpénètrent.

- Ça ne peut pas être une vraie lune n'est-ce pas ?

Le Soleil répondit : Qu'est-ce qui est réel, et qu'est-ce qui ne l'est pas ? Peux-tu me le dire ? Peut-être n'en saurons-nous jamais plus que ceci : il suffit de penser une chose pour la rendre réelle.


Et ainsi, Michael appris qu'il tenait la Lune dans ses bras, et pourquoi il la tenait vraiment.

- Alors, dit Jane avec étonnement, est-il vrai que nous sommes là ce soir ou alors pensons-nous seulement l'être ?

Le Soleil sourit à nouveau, un peu tristement.

Mon enfant, dit-il, ne cherche pas plus loin ! Depuis le commencement du monde, tous les hommes se posent la même question. Et moi-même, qui suis le Seigneur du Ciel, je ne connais pas la réponse !

Pamela Lyndon Travers sur Wikipedia
Sa biographie (en anglais, beaucoup plus complète)

P.S. Merci à Anatole, le stalker et  "marcheur lent"...