La symbolique, pas plus que les croyances populaires, ne font de différence entre le lièvre et le lapin. Pour certaines civilisations anciennes, le lièvre était un « animal de la lune » car les taches sombres que l’on peut voir sur le disque lunaire ressemblent à un lièvre en pleine course.

Encyclopédie des symboles

(sous la direction de Michel Cazenave, La Pochothèque,1996)


auteur-éditeur : www.remy-leboissetier.fr

mercredi 31 juillet 2013

Complément au Ciné-journal, Serge Daney [Petite Bibliothèque des Cahiers du cinéma, 1998]

L'académisme et l'allumage du feu

Car, qu'est-ce que l'académisme, enfin ? N'est-ce qu'un style, un défaut, un manque ? Non, l'académisme, c'est l'esthétique du nihilisme (et le refuge des non-dupes professionnels). Cela n'a rien à voir, on s'en doute, avec l'optimisme et le pessimisme.../... L'académisme (oui, celui-là même qui revient de partout et qui nous donne le sale sentiment d'un retour aux « cinémas de qualité » des années cinquante) n'est jamais que le sérieux désabusé avec lequel on adopte la forme la plus traditionnelle et la plus usée pour signifier par là qu'aucun contenu ne mérite d'être travaillé par le souci d'une forme nouvelle. C'est une démission certes, mais quant au fond aussi.
Entre ces deux entités qu'il s'en voudrait de bousculer (le « grand livre » à adapter et le « grand public » à édifier), l'académisme maintient la distance (comme on dit « garder ses distances »). Le public est seulement pris à témoin d'une opération impeccable qui le concerne vaguement mais ne l'implique jamais.
…/... Quand on ne veut pas du tout « jouer » avec son public, on n'arrive même plus – c'est normal – à lui raconter une histoire.../... Un cinéaste, surtout lorsqu'il s'affronte à un « grand sujet », c'est quand même quelqu'un qui allume un feu entre son film et nous. Pour nous réchauffer, pour jouer avec, pour mériter le risque de s'y brûler. Enlevez ce risque et le cinéma devient une pauvre chose. Décente et morte.

Chronique du 15 novembre 1984, à propos de 1984 de Michael Radford adapté de 1984 de George Orwell.

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