La symbolique, pas plus que les croyances populaires, ne font de différence entre le lièvre et le lapin. Pour certaines civilisations anciennes, le lièvre était un « animal de la lune » car les taches sombres que l’on peut voir sur le disque lunaire ressemblent à un lièvre en pleine course.

Encyclopédie des symboles

(sous la direction de Michel Cazenave, La Pochothèque,1996)


auteur-éditeur : www.remy-leboissetier.fr

lundi 31 décembre 2018

La Lune : voyages et spéculations, supplément V [1819-1840]

1/ José Daniel Rodrigues Da Costa (1757-1832)
O Balăo, aos habitantes de lua - poema heroi-comico en hum só canto, 1819 (Portugal)

Non traduit du portugais (impossible pour moi !) Si cela tente quelqu'un, j'ai le texte original (14p.)













2/ C.-J. Rougemaître
La Lune ou le pays des Coqs. Histoire merveilleuse, incroyable et véridique, contenant les principaux traits de la vie de PÉLICAN XXXI, papa des Coqs, et de CASOAR, son mignon – par un homme qui a voyagé dans la lune, 1819.

Au cours d'une promenade au bois de Boulogne, le personnage se repose sous un chêne et tandis qu'il entreprend la lecture de l'Arioste (dont l'histoire est en grande partie un décalque), il s'endort. À son réveil, il découvre un cheval « de la plus grande beauté ». Il monte ce cheval qui, déployant ses ailes – c'est l'hippogriffe du Roland furieux –, l'emporte au-dessus des tours de Notre-Dame. Il atteint la lune rapidement et après avoir touché le sol, le cheval reprend son essor puis disparaît.

Alors qu'il déplore sa solitude, des voix lui répondent et il constate la présence en ces lieux de deux personnes : Mme J'te souffle, une jeune femme de 17 à 18 ans, au caractère « enjoué, vive, folâtre » mais qui vient du fond des âges : « Mme J'te souffle date de loin. Elle accompagnait Venus au conseil des dieux ; elle conduisit Énée et Télémaque aux enfers […] Sa science est inépuisable, son pouvoir infini. » Bref, c'est une « grande magicienne » ; son compagnon, M. J'rabâche est présenté plus sommairement, en résumé c'est un « vieux radoteur ».

Le héros se rend à Grand-Poulailler, capitale du pays des Coqs. Mme J'te souffle l'informe qu'il se trouve parmi « des êtres qui ne sont pas encore de notre espèce et lui remet un anneau qui lui permettra de comprendre les Lunains et de parler leur langage. Sa première constatation concerne l'environnement lunaire : « Je me serais cru sur la Terre, en France, dans les environs de Paris même ». Les arbres et l'herbe sont seulement d'une couleur qui tire sur le jaune. La végétation est plus petite, proportionnée aux Lunains.

À mi-distance de la terre et de la Lune se trouve une planète où « naissent, vivent et meurent de petits animaux destinés à devenir dans la suite des temps des hommes, puis des esprits parfaits et heureux, ou condamnés à traîner éternellement un corps qu'ils ont trop chéri. Après leur vie, ces jeunes âmes sont reléguées dans la Lune, où elles reçoivent chacune un corps plus commode que le premier, mais moins commode encore que celui qu'elles doivent recevoir plus tard sur la terre ».
« La Lune est le berceau des habitants de la terre, ou pour mieux dire des hommes ». Les « lunains » ne sont ni des hommes ni des femmes, mais il en ressort qu'ils furent auparavant humains, mais que ces derniers n'en conservent pas le souvenir, sinon vague, inconscient dans ses phénomènes d'attirance et de répulsion. Il est précisé que cette antémémoire « nuirait au progrès de leur perfectibilité ». L'humain ne « fait qu'ébaucher son éducation dans la Lune ». La terre est « le purgatoire des habitants de la Lune. » (Lunaison VIII) « Les fautes commises sur la Lune sont expiées sur la terre ». Les lunaines, femelles de la Lune, ont un solide appétit sexuel et « se croiraient extrêmement malheureuses, si elles étaient contraintes de s'en tenir à un seul mâle ».

Il existe également une espèce d'êtres assez singuliers : ce sont des animaux qui se croient nés pour réformer tout le genre lunain ». Ces individus définis comme des « brailleurs politiques » ont pour punition de gouverner sur terre après leur mort lunaire : « ils occupent un trône, ou une charge subalterne ; les plus coupables sont condamnés à porter le titre d'empereur, de roi...

Grand-Poulailler, la capitale lunaire dégage, comme son nom l'indique, une odeur insupportable de de basse-cour. En résumé, elle est le reflet des jeux de pouvoir qui s'exercent sur la Terre. Ce qui est plus original tient à la division quadripartite de la surface de la Lune :
La chimérique, qui tirent son nom des habitants qui l'occupent, lesquels ne cessent de courir après des chimères, dédaignant les biens matériels ;
La scientifique, partie lunaire qui a vu « germer et fructifier la science » ;
La rubrique, ainsi nommée en raison de la rougeur de ses habitants, soumis à une chaleur excessive du climat ;
La diabolique, d'où sont envoyés une « multitude d'énormes paquets étiquetés : plaisir et volupté ; mais, quand on ouvre les ballots, on y trouve ordinairement, la peste et la mort.

Le pays des Coqs se trouve dans la partie chimérique. Les Lunains ont une apparence mi-humaine mi animale et chacun a une ressemblance sensible avec telle ou telle espèce, mais le premier des êtres lunaires est le pélican. L'inscription Pélican XXX, papa des Coqs renvoie au « chef de la société » ainsi qu'au « père commun à tous les êtres ».

À ce propos, un fait d'histoire du pays des Coqs entraîna le plus grand désordre :
Une petite brèche s'était formée dans le grand bâtiment de la Pélicanie. Un mauvais génie nommé Brouilletout se présenta comme maître-maçon pour en faire la réparation, mais ne fit qu'aggraver la situation. Son but étant de ruiner l'édifice, il fit venir quantité de « gâcheurs maladroits » et avec leur aide, réussit à attirer la volaille, tous ces Coqs jaloux du pouvoir des Coqs huppés qui assuraient la paix dans la palais de Pélicanie. On nous fait remarquer que « la volaille crottée avait pour elle le nombre ». Face au péril, les Coqs huppés, après avoir sacrifié leurs huppes, allèrent se réfugier « dans le pays des lions, sur les bords de la grande rivière verte» et d'organiser la lutte pour revenir et « renvoyer à coups de fouet la volaille crottée sur ses fumiers ». Les « gâcheurs-démolisseurs » se dirent bon débarras, mais quand ils s'aperçurent que les Coqs de haut ramage s'étaient enfuis avec leurs coquilles tant convoitées (c'est-à-dire leur argent), une folle colère s'empara d'eux et ce qui devait arriver arriva : « Ils firent écrouler le grand bâtiment sur le pélican, ils poussèrent d'horribles cris de joie en le voyant écrasé. Son sang rejaillit jusqu'au ciel, il couvrit toute la Lune et la plongea dans les ténèbres. »

Une grave crise sociale et économique s'ensuivit, qui commença par l'inflation monétaire due à la raréfaction des coquilles, remplacées par de mauvaises feuilles dévaluées. Tous les Coqs furent soupçonnés de cacher ses coquilles et « le nombre des fessés égala bientôt celui des fesseurs ». Une machine à fessées fut d'ailleurs inventée, qui permettait de fustiger cent Coqs à la fois. Autrefois heureux sous l'autorité du papa pélican, le pays des Coqs fut à présent gouverné par un monstre à trente-six têtes, « que le mauvais génie Brouilletout avait fait éclore d'un amas de fumier ». L'état de confusion était tel que la folie fut érigée en vertu. La maxime principale devint : la folie ou le fouet.

À force de révolte et contre-révolte, l'un des enfants de Brouilletout, appelé Sans-nom prit le pouvoir et réussit par la force à soumettre tout les peuples de la Lune. Sans-nom avait cependant un vieux complexe, celui d'être de petite taille. Mais enfin, les peuples de la Lune s'avancèrent en cohortes innombrables pour détrôner et fustiger Sans-nom à son tour puis réclamer le retour du Pélican. Mais le génie Brouilletout parvient, avec l'aide de la fée Carnassière, de le tirer d'affaire en le transportant dans le palais de fer de l'île des Taupes.

Pélican XXXI monta alors sur le siège rendu vacant de ses parents : la paix fut faite et tous les coqs devinrent comme « des coqs en pâte ». Toutefois, Brouilletout et Carnassière vinrent à nouveau semer le trouble. Puis la paix revint, etc. Les aventures continuent, et nous n'en sommes qu'à la moitié de l'ouvrage ! Le pays des Coqs est un pamphlet ultraroyaliste (mouvance dont le principe commun est la fidélité aux souverains de la dynastie capétienne, en même temps qu'elle défend un système monarchique qui s'appuie sur la noblesse). Cette satire est spécialement dirigée contre la personne du duc Élie Decazes, favori du roi Louis XVIII et nommé par celui-ci préfet de police de Paris en 1815.

3/ José del Castillo y Mayone
Viage somniaéreo a la luna, o Zulema y Lambert, Barcelone, 1832

Ce livre de Joaquín del Castillo y Mayone figure comme l'un des premiers romans de science-fiction, parmi cinq œuvres espagnoles connues du XIXe siècle qui traitent d'un voyage dans l’espace. Le héros du livre, l'algérien Ismaël embarque dans une montgolfière, à la poursuite de sa fille Zulema qui a fui sur la Lune, enlevée par son amant, le français Lambert. Au cours de son vol, Ismaël s'endort et rêve qu'il atteint la Lune, où il retrouve finalement Zulema et Lambert après de nombreuses péripéties...

Le roman commence en Espagne et plus précisément dans la propriété d’un certain Torcuato, située à l'extérieur de Cordoue. C'est là que celui-ci rencontre Ismaël, après l'avoir sauvé de la noyade dans les eaux troubles du Guadalquivir. Une fois remis de ses émotions, l'Algérien explique à Don Torcuato une étrange histoire à propos de sa fille enlevée par un soldat français et de son voyage sur la lune à la recherche du couple fugitif. D'après son récit, Ismaël est un pauvre homme, poursuivi par le malheur. Il a d'abord perdu son fils aîné, qui a été recruté par les Turcs pour combattre les Russes et n'est jamais revenu. Plus tard, sa fille est partie avec un marin français qu'Ismaël avait lui-même sauvé de la noyade après le naufrage de son navire, près de sa maison. Comme Ismaël n’approuvait pas le mariage en raison de la différence de religion entre les époux, les deux amants décidèrent de s’enfuir en ballon vers la Lune et le lui firent savoir par une lettre d’adieu. Mais Ismaël, insatisfait de la perte de sa fille, partit à sa recherche à bord d'une autre montgolfière. C'est là que commence la partie science-fiction de l’histoire, avec Ismaël s’endormant dans le ballon au milieu de l'ascension et rêvant de son arrivée sur la lune. Dans le rêve, les habitants de la lune l'emmènent au "dépôt des raretés" pour passer, plus tard, par les hémisphères de la "tranquillité" et de "l'intrigue" où il retrouve finalement sa fille même s'il ne peut la ramener sur Terre.

Sur la description du « dépôt de raretés », je dois dire que c'est une des premières descriptions d'extraterrestres dans le roman européen du XIXe siècle. D'après ce qu'il raconte, cet endroit est une sorte de zoo où les Luniens amènent (par paires) les visiteurs d'autres planètes pour qu'ils se reproduisent entre eux. Il y a les Mercuriens (Mercure), les Martiens (Mars), les Vénusiens (Vénus), les Jupitériens (Jupiter), les Saturniens (Saturne) et les Uraniens (Uranus). Tous plus étranges les uns que les autres. Pour donner un exemple, Il décrit les Mercuriens comme des êtres craintifs qui sont toujours effrayés et possèdent un sac (du côté du cœur) qu'ils serrent d'une main et couvrent avec l'autre, pour on ne sait quelle raison.

Finalement, et juste quand il vient de retrouver sa fille Zulema, Lambert le renvoie sur terre, tomber dans les eaux du Guadalquivir, d'où le sauve Don Torcuato. Celui-ci, abasourdi par tout ce que lui raconte Ismaël, commence par lui faire comprendre que rien de tout cela n'est possible et qu'il ne peut que l'avoir rêvé. Il semble que le récit tourne en boucle... Mais au final, alors qu'Ismaël est déjà pleinement convaincu que tout n'a été qu'un rêve, Don Torcuato reçoit la visite d'un ami (Don Emeterio) qui leur raconte quelque chose d'étonnant. Le fait est qu’à son retour d’un voyage à Constantinople, il accompagnait un Algérien, qui avait pris part à la guerre entre Turcs et Russes et qui, en rentrant chez lui, avait retrouvé la maison familiale vide. D'après ce que lui dirent les serviteurs, sa sœur et son père partirent chacun dans un ballon et ne revinrent jamais. En entendant cela, le pauvre Ismaël est abasourdi et il décide de rentrer dans son pays dès que possible. Mais avant qu'il ne puisse le faire, Don Emeterio apparaît à nouveau avec encore plus de surprises. Cette fois-ci, il est avec un couple de naufragés qu'il vient de sauver. Le fait est que le naufragé leur dit qu'une fois il avait lâché un ballon sans passagers pour faire croire au père de son amante qu'ils s'étaient enfui avec. Et ensuite ils s'en furent à pied. Cet homme s'est avéré être le fils d'un homme nommé Lambert qui a épousé la sœur de Don Torcuato, Mme Leonor Carbajal et Chaves.

L’histoire se termine bien, avec Ismaël remettant la dot à sa fille avant de rentrer à Alger, tandis que Zulema et Lambert restent à Grenade, heureux. Depuis qu’elle s’est convertie au christianisme, elle ne peut pas (et ne veut pas) retourner dans son pays.
Source internet
rabsenta.blogspot.com/2012/07/el-dia-que-descubri-joaquin-del.html

historiadora del arte, miembro del colectivo Cazadores de Hermes de Barcelona y madre responsable tanto de La Barcelona d'Hermes (Albertí, 2016) como del Anecdotario de Barcelona (Comanegra, 2016). Este último junto a Pep Brocal.

Traduit de l'espagnol par Pierre Bouvier

4/ Jacques BOUCHER DE CREVECOEUR, dit DE PERTHES (1788-1868)
Les trois songes – Mazular, 3e partie, 1832

Né à Perthes, près de Rethel (Ardennes), l'auteur est surtout connu et reconnu comme l'un des fondateurs de la science préhistorique (il y a un musée à son nom à Abbeville)

Un cordonnier nommé Mazular rencontre un de ses amis qui l'invite au cabaret au joyeux motif que sa femme vient de décéder subitement. Après un dîner copieux, Mazular s'endort. « À peine avait-il fermé les yeux qu'un animal hideux apparut devant lui et vint s'étendre sur sa poitrine ; il voulut crier, mais le monstre qui l'oppressait l'en empêcha, et, le saisissant avec une force invincible, il perça le toit de la maison, l'enleva dans les airs »...

Mazular se retrouve dans un marais immense, « rempli de serpents, de lions et de tigres ». Pour leur échapper, Mazular choisit de monter à un arbre, mais « tout à coup l'arbre disparut, et Mazular tomba ; le marais ayant disparu aussi, le pauvre homme ne sut plus ou poser le pied : il vit une masse qu'il crut solide ; il sauta dessus : c'était un nuage; il passa tout à travers, et il commença à rouler avec une si grande rapidité, qu'il pouvait à peine respirer ; il lui sembla qu'il descendait ainsi pendant quinze jours et quinze nuits ; enfin, il distingua quelque chose de rond et de brillant, où il fut jeté avec un choc terrible : c'était la Lune ».

Voilà qui commence comme une fatrasie ! Reprenant ses esprits, il se voit entouré d'êtres qui n'ont « qu'une jambe, qu'un bras, qu'un œil, qu'une oreille, et pas de nez ». D'abord effrayé, il s'aperçoit que ces créatures le sont autant que lui alors il se calme. Sa tête ayant heurté une citrouille, il leur demande de lui procurer un vulnéraire mais croyant que l'homme leur réclame à manger, on lui ramène un quartier de chevreuil que Mazular refuse poliment. Finalement, les « lunains » constatent sa blessure sur laquelle ils prennent soin d'appliquer « un emplâtre de poix de Bourgogne » et à la suite de ces bons traitements, Mazular se relève tout à fait rassuré.

« Dès qu'ils le virent remuer deux bras, rouler deux yeux et marcher sur deux jambes, ils furent saisis d'un accès d'hilarité tel, et poussèrent des éclats de rire si forts, que le bruit en ressemblait à un grand ouragan. Bientôt la nouvelle se répandit dans la Lune qu'il y était arrivé un être double, et l'on accourut de tous les départements, de tous les cantons, de tous les arrondissements pour le voir ». Mazular leur dit que dans son monde tout le monde était comme lui, ce qui fut considéré comme un honteux mensonge : « on le condamna à faire réparation honorable, la corde au cou, devant le palais de l'institut de la Lune, pour avoir manqué aux savants ».

Malgré cet incident, Mazular se trouvait plutôt bien sur la Lune. « Comme les habitants n'avaient que seize dents et la moitié d'un corps à nourrir, les vivres y étaient à bon compte ; l'on y avait une dinde aux truffes pour trente sols, et un baril de vin vieux pour trois francs, quand on pouvait frauder l'octroi ». Et puis Mazular reprit son activité terrestre de cordonnerie, mais ne faisant bien sûr qu'une chaussure à la fois. Il apprit la langue du pays, ce qui était finalement assez simple : « Ces gens ne connaissaient que neuf lettres, et l'alphabet finissait à i […] en revanche, ils avaient le double de nos maladies, ce qui provenait peut-être de ce qu'ils avaient le double de médecins. Quoi qu'il en soit, ils aimaient la danse ; ils se mettaient deux pour battre un entrechat, et quatre pour danser un pas de deux. Les journaux n'avaient qu'un feuillet, aussi il n'y avait qu'un éditeur responsable pour deux journaux. Les quadrupèdes n'avaient que deux pattes ; les colonels ne portaient qu'une épaulette ; les docteurs qu'un demi-bonnet, et chacun ne disait que la moitié de la vérité ». Sur la Lune, la mesure du temps était également divisée de moitié : « les années n'ont que six mois ; les mois quinze jours ; les jours douze heures, et les heures trente minutes.

Après plusieurs années, Mazular avait fait sa fortune et s'ennuyait quelque peu. Un dimanche, « comme il sortait de l'office » (on peut donc croire que les « lunains » étaient pieux), alors qu'il s'était « un peu trop avancé au bord de la Lune pour savoir ce qu'il y avait dessous, le pied lui glissa ; il tomba sur une comète qui passait en ce moment ; il voulut se retenir à la chevelure, mais elle lui resta dans la main : elle lui fut néanmoins d'une grande utilité, car lui servant de parachute, il arriva tout doucement et se trouva sur le pôle arctique : où il serait mort de misère, s'il n'avait aperçu un ours blanc sur lequel il monta ; cet animal le conduisit droit à la Nouvelle-Hollande. Là, les naturels étaient entièrement nus, à l'exception du visage, qu'ils cachaient avec une feuille de vigne. Dès qu'ils virent Mazular, ils prétendirent le manger, lui et son ours blanc. Déjà la marmite était au feu, quand des faiseurs de découvertes débarquèrent ; les sauvages s'en allèrent si vite qu'ils abandonnèrent leur batterie de cuisine ; Mazular resta avec son ours blanc ; les voyageurs embarquèrent l'un et l'autre ; ils empaillèrent l'ours blanc pour sa commodité ou celle de l'équipage, et firent faire à Mazular deux ou trois fois le tour du monde ». Mazular, de retour sur Terre, y continue ses aventures...

5/ Jules Fleuret
Un Complot dans la Lune, 1839

Dialogue entre deux personnes au sujet d'un prétendu complot des anarchistes Séléniens contre le gouvernement en place à l'époque : les habitants de la lune ne songent guère à notre système. Si nous savons qu'ils existent, savent-ils, eux, que nous vivons au dix-neuvième siècle, sous le gouvernement de Juillet, que nous sommes complètement régénérés et que nous marchons d'un pas ferme et rapide dans la voie des améliorations, le savent-ils ? je vous le demande.

Selon toute probabilité, l'ouvrage ne décrit pas de voyage à la lune, mais je n'en sais pas plus, ni sur l'ouvrage ni sur l'auteur...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Si vous souhaitez adresser quelques carottes au LL ou au contraire, lui donner un coup de bâton sur le râble, ce formulaire vous est dans les deux cas destiné :