La symbolique, pas plus que les croyances populaires, ne font de différence entre le lièvre et le lapin. Pour certaines civilisations anciennes, le lièvre était un « animal de la lune » car les taches sombres que l’on peut voir sur le disque lunaire ressemblent à un lièvre en pleine course.

Encyclopédie des symboles

(sous la direction de Michel Cazenave, La Pochothèque,1996)


auteur-éditeur : www.remy-leboissetier.fr

samedi 15 mars 2014

« Monsieur Blanchot » ou le lièvre variable [lepus timidus]

Moins connu que le lapin sauvage ou le lièvre de garenne, car beaucoup plus difficile à apercevoir, le lièvre variable, s'il appartient comme ses camarades à la famille des léporidés herbivores et à l'ordre général des lagomorphes, est une espèce originale qui ne change pas seulement de pelage, mais qui présente bien des singularités. Et voyez d'abord comme il a la classe, avec sa livrée immaculée !

Voilà quelques éléments qui fondent sa particularité :

L'espèce se serait différenciée au cours de la dernière glaciation quaternaire, le climat rigoureux qui régnait alors sur l'Europe, avait alors obligé la faune à des adaptations importantes. La stratégie de camouflage du lièvre variable en a fait une espèce à part entière. 

En France, la plupart des lièvres variables se trouvent dans les Alpes, le plus souvent à une altitude de 2000m

Gris-brun l'été, Lepus timidus devient blanc à l'automne et fait ainsi des économies d'énergie, le blanc limitant le rayonnement de chaleur de l'animal (climatiseur organique) ; ses oreilles sont aussi plus courtes et il est globalement plus en rondeur, accentuant son aérodynamisme ; ses pattes arrières sont aussi plus longues, et surtout plus larges, et s'apparentent à des raquettes naturelles, adaptées au milieu neigeux ; ses incisives, d'une grande force, lui permettent de ronger des écorces (son système digestif lui permet de digérer le bois). Il est capable de manger a peu près n'importe quel végétal et il sait aussi se purger en avalant des graviers, de la terre...

C'est un voyageur longue distance avec des parcours de dénivelés pouvant aller jusqu'à 1000m. Il fréquente tous les milieux de la montagne à la recherche de nourriture. Il fait aussi de très nombreuses crottes (près de 400 par nuit) qu'il sème sur son passage : lisses et rondes, comme formées de sciure, on les identifie aisément. A ce propos, le lièvre variable est caecotrophe, c'est-à-dire qu'il produit deux types d'excréments et qu'il mange l'un d'entre-eux, montrant l'exemple d'un précieux recyclage !

On l'appelle familièrement monsieur Blanchot ou Blanchon. Son espérance de vie est de huit ans, mais se réduit le plus souvent à 3 ans et beaucoup de « blanchonnets » ne passent pas l'année. Il y a contre lui bon nombre de prédateurs : c'est au moment où les tendres pousses sortent de terre qu'il redevient gris et se fait mieux repérer par les aigles, renards, hermines, belettes, fouines, martres...

La femelle de Lepus timidus, qu'on appelle aussi la hase, peut avoir jusqu'à quatre portées par an de trois ou quatre petits qui viennent au monde couverts de poils, les yeux ouverts et immédiatement autonomes, avec la même alimentation que celle des adultes.


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