La symbolique, pas plus que les croyances populaires, ne font de différence entre le lièvre et le lapin. Pour certaines civilisations anciennes, le lièvre était un « animal de la lune » car les taches sombres que l’on peut voir sur le disque lunaire ressemblent à un lièvre en pleine course.

Encyclopédie des symboles

(sous la direction de Michel Cazenave, La Pochothèque,1996)


auteur-éditeur : www.remy-leboissetier.fr

dimanche 18 mars 2012

Endymion ou la vaine beauté d’une jeunesse éternelle


Séléné, fille des Titans Hypérion et Théia, sœur d’Hélios (Soleil) et d’Éos (Aurore), fait partie de la triade des divinités lunaires de la mythologie grecque. En règle générale, elle symbolise la pleine lune (la naissance), tandis qu’Artémis correspondrait au croissant lunaire (la maturité) et Hécate à la nouvelle lune ou lune noire (qui fait de cette dernière une déesse des Enfers, magicienne et divinatrice).

Séléné est fréquemment associée à Phœbé (elle-même associée à Artémis), autre Titanide, fille du ciel Ouranos et de la Terre Gaïa, ainsi qu’à Diane (elle-même appelée Cynthia). Selon les circonstances, le jour et l’heure, les conditions de température et de plasticité, Séléné devient donc Phœbé, Artémis, Diane chasseresse à l'arc d'or et aux flèches d'argent. Ce sont les différentes facettes d’un même astre, de forme variable et de caractère changeant. Lunatique, évidemment.


Parmi les amants de Séléné, la déesse de la Lune, figurent Pan, Zeus (mais lui, il les conquiert toutes) et Endymion. Ce dernier, parfois présenté comme le roi d’élide, mais plus souvent comme un chasseur ou simple berger, frappe Séléné par sa beauté. Entre Hespéros et Phosphoros, respectivement étoiles du soir et du matin, la déesse de la Lune décide de figer Endymion dans un sommeil éternel, qui le soustrait aux lois temporelles du vieillissement et de la mort.

Les représentations du mythe sont très nombreuses, et vous aurez ici une vision tour à tour antique, pompière, maniériste, baroque, classique, romantique de la déesse de la Lune et de son fidèle berger, devenu objet de contemplation et de soumission (à l’amour et aux étudiants d’académie d'antan).



L’œuvre de chair n’est pas démontrée, mais on nous dit tout de même que Endymion eut de Séléné 50 filles – le berger n’était pas entièrement de bois et Séléné, de marbre – ce qui correspondrait aux 50 mois lunaires qui séparent chaque session des Jeux Olympiques (qui veut compter ?) Enfin, la tombe de cet amant éternel se trouverait précisément à Olympie. Les paradoxes sont nombreux dans la mythologie grecque, mais cela signifie sans doute que le décret d’éternité possède une clause de résiliation (surtout vers la fin). Endymion aura-t-il emporté la beauté de sa jeunesse dans la tombe ? Serait-il devenu post mortem le gigolo d’Hécate ?

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
ce sera tout pour aujourd'hui

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Si vous souhaitez adresser quelques carottes au LL ou au contraire, lui donner un coup de bâton sur le râble, ce formulaire vous est dans les deux cas destiné :